Violons d'Ingres

(janvier 2015 -juillet 2015)

reportage hebdomadaire dans la matinale de France Musique

Le jeudi à 9h45

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FRANCE MUSIQUE

"Jérémy a trente ans, une écharpe et un bonnet rouge. Démarche souple, un peu dégingandée. Je retrouve ce grand jeune homme chez lui. Il se met alors au piano -  numérique pour ne pas trop déranger ses voisins et parce que la place manque à Paris. Et me parle de cette passion dans laquelle il s’est jeté à pleines dents, encore adolescent. Une partition dans une main, un piano dans l’autre.

 

La jeune femme est partie à 18h du travail pour arriver à l’heure au cours. Elle, qui parle toute la journée au bureau a besoin faire vivre son corps le plus souvent possible.

Deux heures passent, je la rejoins dans un vaste salon qui fait office de vestiaire. A quelques mètres, le cours de chorégraphie commence. Léna les retrouvera plus tard. A moins d’être happée par un bal de tango à l’autre bout de la nuit.

A Vitry sur Seine, dans une petite rue calme bordée de maisons basses, un raffut se fait entendre. Ségolène est derrière sa perceuse. Elle ne bricole pas, non, elle sculpte. D’étranges corps qui ressemblent à des momies, des êtres compressés, contraints. C’est là, chez elle qu’elle a installé son atelier.

A l’étage, un petit violon qu’elle tient de son père patiente sagement dans sa boîte. Car le violon d’Ingres de cette sculpteure (« Sculptrice », cela fait trop « Institutrice »)… c’est le violon justement.

Léna et la danse - Léa Minod
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Le piano de Jérémy - Léa Minod
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Ségolène et le violon - Léa Minod
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Pauline et le tango - Léa Minod
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Pour certains il y a métro, boulot, dodo. Et pour d’autres : métro, boulot, piano. Et vous, quelle corde vous fait vibrer ? Une rencontre avec des passionnés de tout bord, qui ne vivent pas que pour travailler.

Sur les bords de Seine qui font face à l’institut du Monde Arabe, les danseurs affluent avec les beaux soirs. Par ici c’est la salsa et par là, un peu plus bas, le tango. 

Pauline et le tango, c’est une addiction. Elle danse dès qu’elle le peut pour balayer celle qu’elle incarne au quotidien : professeur de français au collège. Un et deux, trois et quatre. Un pied balaie l’autre, un masque chasse l’autre.

 

Arrivée d'Algérie il y a deux ans, Amel ne parlait presque pas français, elle avait appris à la place l'anglais avec sa grande soeur qui l'étudiait à la faculté. D'abord en poème et puis en rap. Aujourd'hui, elle connaît le français mais les mots sortent toujours en anglais, et elle raconte son exil dans la langue de Shakespeare. 

 

Amel et le rap - Léa Minod
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C’était un vendredi au jardin des plantes à Paris. En haut des marches qui mènent à  la Galerie de l’évolution, je retrouve Marcela. Les yeux rivés sur son téléphone portable, la jeune femme est en quête d’une séance de cinéma. Boulimique de l’écran noir, elle y va trois, quatre fois par semaine… Cette fois-ci, je l'accompagne. 

 

Marcela et le cinéma - Léa Minod
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Comme bien des samedis, le métreur en menuiserie a quitté sa banlieue un peu lointaine pour rechercher un crépitement familier : celui des chants des grands ténors de l'opéra italienne. Pavarotti, Lanza, Caruso surtout. 
Car depuis qu’il a arrêté de chanter,
Franck collectionne ces voix nostalgiques et puissantes.  
Des disques d’opéra, il en a des centaines … et
des dizaines de phonographes tous conservés dans une pièce secrète qui jouxte son bureau. Il dit que le soir, après le travail, il aime écouter ces airs d’opéra sur les machines qui leur ont donné vie.
Des mélodies qui nous affalent sur une chaise, au bord d’une rue italienne et ombragée, et qui laissent glisser le temps.

Franck et l'opéra (sur disque)

Franck et l'opéra - Léa Minod
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